L'expert des relations

sociales et syndicales

Vu... pas vu sur le Net - Spécial présidentielle : avant, " entre ", et après

Au-delà de l'effet d'annonce et des analyses à court terme, l'élection présidentielle a servi d'accélérateur à un phénomène préexistant et subsistant à cette actualité ponctuelle, de modification du paysage social. Quelques constats avant le rappel - pour illustration - des commentaires syndicaux autour de ces élections :

Au-delà de l’effet d’annonce et des analyses à court terme, l’élection présidentielle a servi d’accélérateur à un phénomène préexistant et subsistant à cette actualité ponctuelle, de modification du paysage social. Quelques constats avant le rappel - pour illustration - des commentaires syndicaux autour de ces élections :

Premier constat, celui d’une expression claire et forte anti-Le Pen, de la Ligue Communiste Révolutionnaire jusqu’ au Medef, en passant par toutes les organisations syndicales et professionnelles, CGT, CFDT, CFTC, CGC, UNSA, CGPME, FNSEA, Confédération Paysanne, ATTAC et FGTB belge - seule des organisations étrangères à s’être manifestée entre les deux tours sur ce sujet. Tous ont appelé à voter Jacques Chirac ou à s’opposer à Jean-Marie Le Pen.

Deuxième constat, celui de clivages anciens qui, derrière cette expression publique unanime, se trouvent accentués. Sans prétendre à l’exhaustivité, citons certaines de ces dissensions :
- Celle d’un règlement de compte entre un premier ministre ’sorti’ par les 12 % des trois candidats trotskystes revendiquant d’être cette ’gauche de la rue’, celle de Porto Alegre et de Barcelone, représentant les ’nouvelles revendications sociales’ qui s’affichent ouvertement contre le P.S. conduit par François Hollande.
- Une déclaration moins marquée que les autres organisations de la part de FO, qui polémique sur le sujet avec le MEDEF.
- L’amplification du clivage interne à la CGT, avec un Secrétaire général désavoué par une partie de son Bureau qui a ouvertement fait voter pour le PC, en dépit des consignes officielles, et qui n’a pas été suivi par la base, votant à plus de 20% pour les trois candidats trotskistes contre 18% pour Robert Hue.
- Un démarquage net entre les organisations institutionnelles et les syndicats ’révolutionnaires, trotskistes ou anarchistes’, qui se sont dissociés du ’front républicain’ en cultivant un ’tous pourris’ exacerbé et qui appellent à la suite (thème repris par la seule CGT parmi les institutionnelles).

Troisième constat, celui de la question d’un " troisième tour social ", qui pourrait obliger les principales organisations syndicales à prendre position par rapport à cette dialectique, posée par les tendances plus dures, dans la rue entre les deux tours et amplifiée par les médias. Avec ou sans conséquences dans les entreprises ?

Vu sur le site CGTwww.cgt.fr , 3 déclarations (2 du Bureau, une commune CGT-CFDT-UNSA-SUD), 3 interviews de B. Thibault, et un argumentaire de 6 pages.

La CGT et les élections présidentielles

DECLARATION DU BUREAU CONFEDERAL DE LA CGT
Les résultats du second tour des élections présidentielles : ... " L’exceptionnelle mobilisation du 1er mai a signifié le rejet des principes xénophobes, racistes et néo-facistes de l’extrême-droite. Cette bataille va se prolonger. Elle a aussi été l’occasion pour des centaines de milliers de travailleurs de signifier tant aux gouvernements passés que futurs et qu’au Patronat leur mécontentement et leurs attentes sociales. Ces mobilisations doivent se poursuivre. Jacques Chirac est élu Président. Il est bien évident que le gouvernement qui va devoir gérer la période transitoire, aurait tort de considérer que les 82 % recueillis par le nouveau Président, dans ces circonstances exceptionnelles, représentent autant de citoyens supporters de son programme. Les causes de la crise politique et sociale qui ont marqué l’échéance présidentielle, sont toujours là. Ce n’est certainement pas en empruntant aux prétendues solutions libérales soutenues par le MEDEF que l’on y répondra... "

Argumentaire contre le programme du Front national (25/4/02) du Centre Confédéral d’Etudes économiques et sociales de la CGT.
- Déclaration commune nationale CFDT - CGT - UNSA - FSU (23/4/02)
- Déclaration du Bureau confédéral de la CGT (22/4/02)
- Interview de Bernard Thibault Secrétaire Général de la CGT pour LES ECHOS 29/04/02
- Interview de Bernard Thibault Secrétaire Général de la CGT pour L’HUMANITE29/04/02
- Interview de Bernard Thibault Secrétaire Général de la CGT pour LE PROGRES de Lyon30/04/02

Vu sur le site force-ouvriere
Une seule déclaration ...

lundi 29 avril 2002 17:41 Polémique MEDEF-FO

M. Seillière a écrit aujourd’hui à Marc Blondel pour exiger des excuses à la suite d’une déclaration faite dans la presse qui accuse le patronat d’avoir fait le lit de Le Pen par son refus de négocier.

M. Seillière, le président du MEDEF (patronat) a exigé lundi des excuses du secrétaire général de FO, Marc Blondel qui a déclaré dans un entretien dans La Tribune publié le même jour que le MEDEF qui, avec son comportement et son refus de négocier a fait le lit de Le Pen. Ce n’est pas seulement la sécurité.

En effet, fidèle aux principes qui guident l’esprit de son organisation, le leader de FO a répété dans l’interview accordée au journal économique qu’il entend rester sur le front des revendications syndicales. Car pour Marc Blondel, la présence de l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle et le taux d’abstention record au premier tour ne s’expliquent pas seulement par le problème de l’insécurité mais trouvent aussi leurs origines dans les politiques libérales des gouvernements successifs, à l’instar des deux têtes de l’exécutif qui ont accepté la remise en cause, lors du sommet européen de Barcelone, du droit à la retraite à 60 ans ou du Medef qui a fermé la porte des négociations avec les interlocuteurs sociaux.

M. Seillière, dans sa déclaration, s’il condamne comme FO les idées et le programme économique et social du Front National, ne s’est pas prononcé sur les revendications des syndicats et des salariés.

... suivie le 13 mai d’un communiqué indiquant que le gouvernement recevrait les organisations syndicales - séparément - le vendredi 17, et qu’à cette occasion FO rappellerait ses revendications : pouvoir d’achat, retraites et service public.

Vu sur le site de la CFE-CGC(www.cfecgc.org), une déclaration du Bureau national, intitulée " Libres et responsables ", appelant, sans consigne de vote, au ’vote républicain (...) au nom des valeurs d’Humanisme, de Liberté, de Tolérance, d’Ethique et pour l’Europe’.

Vu sur le site CFDT(www.cfdt.fr) 5 déclarations sur le sujet :

Vendredi 26 avril

- Élections présidentielles : appel à voter pour Jacques Chirac
- Nicole Notat a choisi internet pour adresser aux salariés l’appel de la CFDT à travers une vidéo.
- Manifestation du 1er mai 2002 à Paris : " Pour le progrès social et pour faire barrage à l’extrême droite "

Mercredi 24 avril

- Appel intersyndical pour le 1er mai
- Déclaration commune CFDT - CGT - UNSA - FSU.Mardi 23 avril

- " II faut voter Chirac, il n’y a pas d’autre choix "
- Interview de Nicole Notat, secrétaire générale de la CFDT, dans Libération.Lundi 22 avril

- Élections présidentielles : la CFDT est en état de choc
- Déclaration de la commission exécutive.

Suivis le 9 mai d’une conclusion et d’un ’rappel de la CFDT aux candidats aux législatives’ :
Tirer les leçons
La démocratie a bénéficié d’un sursis. L’appropriation du Politique, d’un seul coup, par la société civile, a permis cette victoire. Mais si le travail de ces dernières semaines - auquel la CFDT a largement participé - a répondu à l’urgence, il ne peut exonérer l’ensemble des responsables d’une réflexion sur les raisons du mal. Le décalage, à tous les niveaux, s’est révélé profond. Entre le monde politique et les électeurs. Entre le monde syndical et les salariés.
Quand seuls les sondeurs font remonter l’avis des citoyens, quand l’expression de l’opinion se fait par les seuls médias, le face à face entre les politiques et la population se réduit à la simple expression de demandes catégorielles. Signe d’un régime représentatif devenu malade, où la démocratie participative a évolué vers un vote sanction. Où le citoyen ne se prononce plus "pour", mais "contre". Terrible évolution, conséquence malheureusement prévisible de la négation des corps intermédiaires.
Face à cela, les forces de la société civile doivent retrouver toute leur place, comme relais d’opinion, source de propositions, et forces d’engagement. Au risque, sinon, de répéter l’histoire. ?Jean-Marie Toulisse, secrétaire national © CFDT (mis en ligne le 9 mai 2002)

Vu sur le site de la CFTC(www.cftc.fr) des prises de position quasi-identiques à celles de la CFDT :

- Après le premier tour : Soutenir la démocratie et l’esprit de responsabilité
Le 1er tour des élections présidentielles vient de montrer à quel point la démocratie est aujourd’hui fragile.
C’est d’abord en allant tous voter le 5 mai que les Français la défendront.
Les inquiétudes, les peurs, les injustices expliquent le vote de dimanche. La CFTC s’était fait l’écho des attentes des Français à de nombreuses reprises lors de ses contacts avec les responsables politiques.
Le futur Président de la République et la future Assemblée devront mettre en œuvre de profonds changements pour y répondre.
C’est le sens de l’action permanente de la CFTC pour "faire triompher l’idéal de paix, de justice et de fraternité".
La CFTC souhaite que chaque électeur exerce sa liberté de vote dans un esprit de responsabilité.
Pour elle, seul le choix du président sortant est crédible car ces profonds changements ne peuvent se construire sur les discriminations, le sectarisme et le repli identitaire.

- Suivie de 2 commentaires après le deuxième tour :
Sans équivoque
Pour une des rares fois de son histoire, la CFTC est intervenue dans le débat politique. Il s’agissait, à l’occasion du second tour de l’élection présidentielle, de faire un choix de société. La CFTC l’a fait sans équivoque en se prononçant en faveur de la démocratie et contre l’extrémisme. Les valeurs de la CFTC (la dignité, la fraternité, la justice, la solidarité, le respect, la subsidiarité, le partage...) ne peuvent, en effet, s’accommoder de pratiques politiques dont la haine, le racisme et la discrimination sont l’élément moteur.
Le résultat du second tour est également sans équivoque : les électeurs ont choisi la démocratie. Le président élu est aujourd’hui le président de tous les Français, n’en déplaise à certains qui voudraient le placer sous embargo. A l’heure où j’écris ces lignes, j’apprends que Jean-Pierre Raffarin vient d’être nommé Premier ministre et qu’il présentera, dans les prochains jours, son gouvernement. Celui-ci devra répondre, rapidement, aux attentes exprimées par les Français lors de cette campagne.La CFTC avait, quant à elle, fait part de celles du monde du travail : en finir avec la précarité, donner un avenir aux jeunes, assurer des minima décents et un meilleur partage des richesses, soutenir le développement des familles, défendre le régime de retraite fondée sur la solidarité, refuser la privatisation de la sécurité sociale, promouvoir la justice et la sécurité au travail, faire progresser l’Europe sociale.Sur ces sujets, essentiels pour leur avenir, les citoyens de ce pays veulent être entendus. Ils peuvent compter sur la CFTC qui mettra tout en œuvre pour que l’élection de ce dimanche 5 mai confirme la victoire de la démocratie et par conséquent celle de tous les citoyens.Jacky Dintinger,Secrétaire général,le 6 mai 2002

Tout reste à faire
Dans une lettre du 6 mai au Président de la République, Alain Deleu, Président de la CFTC, insiste sur la nécessité de réconcilier les Français et de leur permettre de se donner des raisons d’espérer et d’entreprendre dans la solidarité.

"Il faut en finir avec le climat de précarité qui s’est installé dans le monde du travail, et mettre au point un statut du travailleur adapté au nouveau contexte économique, donner aux jeunes un avenir par l’éducation et la formation, assurer des minima sociaux décents et un meilleur partage des richesses, soutenir le développement des familles, assurer l’avenir des retraites par répartition, en les personnalisant, garantir les systèmes paritaires de protection sociale, assurer la sécurité et la justice dans le travail comme dans la vie, continuer à construire une Europe solidaire au plan économique et social."

Alain Deleu a demandé au Président de la République de pouvoir débattre avec lui très rapidement de ces questions, en souhaitant une conception rénovée des relations entre le gouvernement et les corps intermédiaires.

La période qui s’ouvre avant le renouvellement de l’Assemblée nationale doit être mise à profit pour prendre le temps de l’écoute des aspirations du monde du travail à mieux vivre.

Un des tous premiers actes du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin devra être de donner une dimension nouvelle au dialogue social avec les partenaires sociaux, qui s’impose maintenant pour préparer les décisions futures.Paris, le 6 mai 2002

Vu sur le site UNSA :

Paris, le 22 avril 2002
UNSA : Un 1er mai de résistance
(Déclaration du Secrétariat national de l’UNSA)

Comme responsables syndicaux, militants adhérents et sympathisants, nous sommes toutes et tous consternés par la présence au second tour de l’élection présidentielle de Jean-Marie Le Pen. Face à la montée dans notre pays, d’un mouvement politique raciste, xénophobe et antisémite, nous sommes tenus à un devoir de résistance.
L’UNSA a toujours fait de la lutte contre toutes les exclusions et discriminations, le fondement de son identité syndicale. Cet engagement a été encore réaffirmé lors de notre dernier Congrès. L’indépendance syndicale, c’est aussi cela : savoir se battre le moment venu contre tous ceux qui menacent la démocratie et qui n’ont dans le domaine social qu’un objectif et un seul, celui de démanteler les droits sociaux et d’abattre le syndicalisme.
L’UNSA appelle à faire obstacle à l’arrivée au pouvoir de Jean-Marie Le Pen.
Après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, les manifestations du 1er mai prennent un relief particulier. Nous demandons à toutes nos adhérentes et à tous nos adhérents de se mobiliser massivement.
Dans ce contexte, l’UNSA appelle à une déclaration commune de l’ensemble des organisations syndicales.

Vu sur le site du Medef, une polémique avec FO, une condamnation du programme économique du Front National, et un télégramme de félicitations en date du 5 mai au Président élu :

Ernest-Antoine Seillière exige des excuses de Marc Blondel
Déclaration du président du MEDEF Lundi 29 avril 2002

"Depuis quatre ans le MEDEF a contenu dans ses rangs l’extrémisme. Je ne peux pas en dire autant du monde politique ou syndical.
En 1997, j’ai sillonné la France et partout calmé les ardeurs de ceux qui, dans nos rangs, choqués par les 35 heures, demandaient la grève des impôts.
En 1999, j’ai rassemblé dans l’ordre et dans la dignité 40 000 entrepreneurs qui voulaient en découdre dans la rue et j’ai évité tout débordement. En 2000, j’ai rappelé à l’ordre des fédérations qui bloquaient les routes.
J’ai toujours dénoncé dans les rangs des salariés les comportements extrémistes et illégaux, les séquestrations, les menaces d’explosion des usines et les atteintes à l’environnement.
J’ai lancé le mouvement de négociation le plus ambitieux de la Vème République, la refondation sociale.
Les propos de Marc Blondel accusant le MEDEF d’avoir fait le lit de Le Pen me soulèvent le cœur. Ces propos indignent tous les démocrates. Je lui ai fait porter ce matin une lettre exigeant des excuses au MEDEF et à son Président."

Extrait de l’interview de Marc Blondel à la Tribune du lundi 29 avril 2002
"(...) De même, lorsqu’on inquiète les gens sur la retraite, c’est du pain bénit pour Jean-Marie Le Pen... Cela rejoint un des risques que j’ai dénoncés au moment de la refondation sociale. Et j’accuse le MEDEF qui, avec son comportement et son refus de négocier, a fait le lit de Le Pen".

Election présidentielle : le MEDEF condamne le programme économique et social du candidat du Front National
Dans une déclaration faite à la presse le 29 avril 2002, Ernest-Antoine Seillière a condamné le programme économique et social du candidat du Front National "qui provoquerait une régression économique profonde" dont "les effets seraient désastreux pour notre pays". Cette déclaration a fait suite à la réunion du bureau du MEDEF.

Télégramme de félicitation adressé par Ernest-Antoine Seillière, à Jacques Chirac dimanche 5 mai 2002
" Au nom de tous les entrepreneurs de France et du MEDEF qui les représente, je vous adresse mes plus vives félicitations pour votre réélection au terme d’un magnifique combat. Je souhaite que vous soyez en mesure de mener avec le Gouvernement de votre choix et l’appui de la société civile, les actions de réforme et de modernisation indispensables pour assurer à notre pays la croissance et l’emploi dans les cinq prochaines années.

Et sur le site CGPME :
29/04/2002 - Réactions de la CGPME aux résultats du 1er tour des élections présidentielles - AFP, Le Monde, La Tribune
"La CGPME soutient implicitement Jacques Chirac pour le 2ème tour", titre l’AFP dans une dépêche datée du 24 avril."Jacques Freidel, président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), affirme défendre la démocratie ainsi que les valeurs républicaines, soutenant implicitement la candidature de Jacques Chirac. "Nous sommes dans un pays démocratique et c’est une chance pour nous tous. Nous avons le devoir et l’obligation d’aller voter le 5 mai prochain, c’est notre sens civique", a déclaré M. Freidel. Il a par ailleurs appelé à "voter pour les valeurs républicaines qui représentent à la fois la liberté, la liberté d’entreprendre en France -il est très important de pouvoir créer et développer son entreprise- et le respect d’autrui sans lequel aucune vie collective ne serait possible".Le Mondedu 27 avril 2002.La Tribunedu 29 avril 2002

Vu sur le site de La FNSEA
La FNSEA appelle à voter Jacques Chirac

PARIS, 23 avr (AFP) - 11h05 heure de Paris -
Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer a appelé mardi "tous les adhérents et sympathisants" du syndicat majoritaire agricole à voter "massivement et à voter Jacques Chirac" face à Jean-Marie Le Pen, au second tour de l’élection présidentielle.

Et vu sur celui de la Confédération paysanne :

Bagnolet, le 25 avril 2002,
LE FASCISME EST LA VACHE FOLLE DU LIBÉRALISME
C’est pourquoi la Confédération paysanne appelle :
- à faire barrage au candidat du Front National ;
- ses militants et sympathisants à être acteurs dans les mobilisations du 1er mai.

Vu sur le site FGTB, des commentaires uniques (les autres sites syndicaux européens sont restés muets) :

Résultat des élections présidentielles en France
Bruxelles, le 23 Avril 2002,
Le bureau de la F.G.T.B. s’est montré particulièrement préoccupé par le résultat des élections présidentielles en France, qui s’inscrit dans une montée de la droite et de l’extrême-droite partout en Europe.
Le séisme qui vient de secouer la France en est un exemple de plus, particulièrement navrant puisqu’au second tour des présidentielles les citoyens auront le choix entre la droite, représentée par Chirac, mis en cause dans de nombreuses affaires de malversations financières et l’extrême-droite, représentée par Le Pen, l’homme pour qui les chambres à gaz sont un " détail de l’histoire ".
Le Bureau de la FGTB, qui se réjouit de l’ampleur de la réaction citoyenne en France, notamment parmi les jeunes, lance un appel aux partis socialistes belges et européens pour qu’ils se reprofilent plus clairement à gauche et évitent des alliances contre nature. L’axe constitué entre le travailliste Tony Blair, l’affairiste Berlusconi et le conservateur Aznar n’est, par exemple, pas de nature à clarifier les choix de l’électeur.
Les Partis Socialistes doivent s’axer davantage sur les problèmes concrets rencontrés par les citoyens, particulièrement ceux que la mondialisation non-régulée de l’économie fait vivre dans l’insécurité

A noter une note discordante vue sur le site de la Coordination Rurale

Coordination Rurale Syndicat
Union Nationale. Communiqué de Presse
Le séisme politique du premier tour des élections présidentielles est la manifestation d’un mal-être également ressenti par les agriculteurs en proie aux pires difficultés, beaucoup plus que la conséquence des sondages inexacts et polluants.
Face à la panique qui gagne notre pays, la Coordination Rurale reste fidèle à ses principes syndicaux et ne dérogera pas à sa règle de non-intervention dans le domaine politique.
Ses adhérents sont des agriculteurs au sens du devoir largement éprouvé. Intelligents, autonomes et raisonnables, ils n’ont besoin de personne pour diriger leur vote, pas plus au second tour des élections présidentielles, qu’aux élections législatives tout aussi déterminantes qui suivront.
La Coordination Rurale, résolument apolitique, ne leur donnera pas d’autre consigne de vote que celle de continuer à accomplir leur devoir de citoyen.
Fin de communiqué le 26 avril 2002 à 12 h

... rejointe par le site CSL :

CSL : Communiqué 2002 -16 Paris, le 24 avril 2002
Elections présidentielles :
Déclaration du Bureau Confédéral de la CSL

La CSL a analysé en profondeur le résultat du 1er tour des élections présidentielles portant le Président de la République sortant -Jacques CHIRAC- en tête devant le Président du Front National -Jean-Marie LE PEN- ; un tel positionnement élimine le choix classique droite, gauche.
Cette situation politique originale ne peut pas laisser indifférente la CSL même si sa tradition est de ne pas intervenir dans le choix politique.
Pour la CSL, une telle situation est due, principalement, aux débats escamotés volontairement par les candidats gommant tout ce qui pouvait déplaire à l’opinion publique et laissant, ainsi, une large place aux candidats qui ne reconnaissent pas l’évolution du monde représentant plus de 40 % de l’électorat : Le Pen, Chevènement, Laguiller, Saint-Josse, Hue, Gluckstein, Besancenot, Mégret.
Les autres candidats, en principe réformateurs et n’ignorant rien des grands problèmes de demain ( la refonte de la fiscalité, la retraite, le rôle et le poids de l’État, l’Éducation, la Mondialisation de l’économique, l’urbanisme et l’environnement) ont savamment entretenu la langue de bois tout en flattant les électeurs.
Pour la CSL, une telle démission des candidats réformateurs -pour ne pas s’attaquer aux mesures indispensables dont notre pays a besoin pour faire face à l’évolution du monde - a laissé le champs libre à tous les candidats utilisant, sans vergogne, la peur inconsciente de l’opinion publique.
Pour le 2ème tour des élections présidentielles, la CSL laisse le libre choix comme elle l’a toujours fait pour les élections et appelle les électeurs à venir s’exprimer massivement afin d’avoir un Président de la République soucieux des droits de l’homme et de la démocratie. D’autre part, la CSL ne participera pas aux manifestations du 1er mai.Communiqué n° 2002-15 Paris, le 22 avril 2002

Avec sur le même site une analyse sectorielle intéressante du syndicat CSL PTT :
Elections Présidentielles :
Pour la CSL-PTT, le résultat est le fruit des votes trotskistes et ouvre la voie à une nouvelle cohabitation.
La CSL-PTT ne peut que constater, qu’avec environ 12% des votes, les candidats trotskistes ont permis l’éviction du second tour de Lionel Jospin à qui il ne manquait qu’1% pour pouvoir se maintenir. Quand on sait que ceux-ci ne donnent pas de consigne de vote, on peut se demander qui sert les intérêts de qui ?
Dans nos entreprises, et notamment France Télécom et La Poste, le vecteur trotskiste s’appelle SUD, représenté à l’élection présidentielle par un de ses responsables, Olivier Besancenot.
La CSL-PTT sait, par expérience, toute l’inefficacité de ce vote, puisqu’au moins dans ces entreprises, plus le vote SUD monte et plus nos entreprises deviennent anti-sociales voire de plus en plus privatisables. Ceci va à l’encontre des promesses et des revendications portées par ce pseudo syndicat qui n’a que faire des salariés, son objectif étant ailleurs.
La CSL-PTT rappelle que SUD n’a su ni pu empêcher la "sociétisation" de France Télécom et celle qui arrive à grands pas pour La Poste, ni les reclassifications dans les 2 entreprises, sans parler du social qui rétrécit comme peau de chagrin.

Vu sur le site de la CNT, un autre type de dissonance
Antifascisme
La Confédération nationale du travail a exprimé son antifascisme historique dans les manifestations de ces derniers jours. Mais nous ne rejoindrons certainement pas l’union sacrée qui se dessine, autour d’un parti, et avec des partis qui sont largement responsables de la montée du fascisme. L’antifascisme de la CNT est indissociable de son anticapitalisme, tant il est évident que c’est dans le lit de l’exploitation que prospère le fascisme.
La Confédération nationale du travail a réagi spontanément, par la participation à diverses manifestations à Paris et en province, à la présence symbolique, au second tour des élections présidentielles, du Front national. Spontanément, car la lutte contre le fascisme représente, pour les syndicalistes révolutionnaires et les anarchosyndicalistes, une constante historique. De la FAUD (Freie arbeiter/innen Union Deutschland) allemande, durant la montée du nazisme, à la SAC suédoise, dont un militant a été assassiné par les néonazis il y a quelques années, en passant, bien sûr, par la CNT espagnole, dont la révolution sociale dans l’Espagne de 1936 s’est faite simultanément à la lutte contre le franquisme.
Mais il n’est pas question, pour notre confédération, de se joindre aux "forces républicaines", qui aujourd’hui récoltent ce qu’elles ont semé depuis des années. Il n’y a pas eu de "coup de tonnerre" dans notre ciel le 21 avril. La situation électorale actuelle est le fruit d’une évolution que nous n’avons pas découverte à cette occasion. La montée du Front national a d’abord servi des intérêts uniquement électoraux, lorsque le PS l’a utilisée pour diviser la droite. La montée du Front national a ensuite été la conséquence de ce qu’on a appelé la "lépénisation" des esprits, lorsque les politiciens et les médias quasi unanimes ont permis aux propos démagogiques du FN d’atteindre une légitimité populaire. La montée du Front national a enfin été la conséquence de la corruption et des mensonges des élus, des promesses non tenues, d’une gauche convertie au libéralisme, abandonnant les couches sociales pauvres. Le combat que mène la CNT ne se fera certainement pas en appelant à voter pour qui que ce soit.
Chaque adhérent fera à ce propos ce qu’il juge bon. Le combat antifasciste de la CNT est indissociable de son combat anticapitaliste. Elle le mène internationalement, avec des organisations syndicalistes du monde entier. Elle le mène dans les entreprises, dans les quartiers, pour la construction d’un autre futur sans exploités ni exploiteurs, sans dominants richissimes condamnant à la misère la plus grande part de l’humanité. C’est sur ce terreau, le chômage, la précarité, la misère, l’exclusion, l’exploitation polymorphe, que croît le fascisme. Mais c’est aussi sur ce terreau que grandit la conscience de classe et que pourra se construire une nouvelle organisation sociale. C’est pourquoi notre action syndicale a pour objectif l’auto-organisation contre la soumission à toute démagogie.

Et enfin sur le site CSR, un tract intéressant :

Préparons la Grève Générale
La question centrale n’est pas de savoir s’il faut voter oui ou non pour Chirac. Car si la société n’est pas changé dans cinq ans, la menace du fascisme se concrétisera avec 2 fois plus de force. N’oublions pas qu’Hitler a été élu démocratiquement.
Les politiciens (Chirac le voleur ou Jospin) ne font qu’appliquer le programme du MEDEF (patronat) : Démantèlement de la protection sociale, des retraites, de la formation professionnelle ; casse des diplômes nationaux et des qualifications ; casse des servicespublics... et toujours plus de flexibilité et de précarité (Lois Aubry sur les 35h) !
La 1ère insécurité : c’est le chômage et l’intérim
Si aujourd’hui le Front National est le parti le plus influent dans les quartiers populaires, cela s’explique par des raisons non pas morales mais matérielles. La politique menée par la gauche plurielle (PS/PC/Verts) a accru la pauvreté, la précarité et la flexibilité sans relever les salaires. Le recul du mouvement syndical fait que les solidarités collectives ont été cassées. Chacun tente de survivre, parfois sur le dos du voisin.
En critiquant le système avec des propositions démagogiques, Le Pen apparaît comme une alternative à bien des travailleurs. C’est donc sur le terrain social qu’il faut le combattre, en préparant un mouvement interprofessionnel qui mobilise et qui motive tous les travailleurs à s’unir ensemble.
Ce n’est sûrement pas Le Pen qui veut casser nos retraites et la protection sociale qui va améliorer notre situation. Ses modèles sont Thatcher et Reagan qui ont développé la misère dans les quartiers et les lycées anglais et américains. C’est un homme politique qui prétend représenter les ouvriers alors qu’il s’est enrichi par milliards en captant l’héritage des Ciments Lambert.
Mais le mouvement syndical divisé et bureaucratisé est aussi responsable. Où sont les véritables campagnes unitaires de mobilisations permettant de faire :
- augmenter les salaires ?
- reculer la flexibilité des lois aubry (Annualisation) et la précarité des contrats de travail......et donc imposer des embauches de chômeurs ?
- défendre le droit à la retraite la meilleure pour le privé comme le public ???

Front syndicaliste contre le Front National !

Les militants fascistes sont à combattre résolument en opposant partout et toujours notre présence et notre expression à la leur, car le jour où ils seront au pouvoir ils ne respecteront pas les droits démocratiques, notamment celui de se syndiquer. Nous continuerons d’essayer d’interdire l’expression des fascistes du FN par l’engagement dans des formes massives de résistance : contre-manifestations et meetings parallèles aux leurs, bloquage de leurs manifestations et de leurs réunions publiques, arrachage, recouvrement ou "détournement" de leurs affiches .
Mais surtout nous consacrerons la grosse part de nos efforts à RECONSTRUIRE UN NOUVEAU MOUVEMENT SYNDICAL DE LUTTE DANS LES ENTREPRISES avec tous les travailleurs.
Un syndicalisme de terrain, démocratique, autogestionnaire, où le maximum d’entre nous doit participer activement ; opposé au syndicalisme de bureaucrates qui sabotent nos luttes ou ne fait rien.
Un syndicalisme interprofessionnel qui organise la solidarité entre les salariés de toutes les entreprises pour en finir avec les grèves isolées qui nous mènent à des échecs.
Que ce soit Chirac ou Le Pen : c’est le même programme de casse de nos acquis sociaux !
- Si Le Pen est élu, lançons la grève générale dès le lendemain.
- Si Chirac est élu, préparons un mouvement de grève interprofessionnel pour défendre les acquis sociaux (Retraites, protection sociale, conventions collectives, services publics...)

Vu enfin sur le le site de la Gauche Communiste Révolutionnaire,(www.multimania.com/gauchecommuniste)

législatives
Rupture avecla gauche plurielle
A GAUCHE TOUTE ! 8 mai 2002

Après la déculottée reçue par les formations de la gauche plurielle lors du 1er tour de l’élection présidentielle, celles-ci sont en train de nous concocter un plat réchauffé et même avarié que personne n’est cependant obligé d’avaler. Après avoir reconnu leur propre surdité à l’égard des attentes des classes populaires, les partis de la gauche plurielle ont immédiatement débranché le sonoton.
Hollande annonce un programme de gauche pour les législatives... Tout en disant que son socle sera la politique du gouvernement Jospin ; lequel Jospin nous avait prévenu, avec le succès que l’on sait, que son programme présidentiel n’était pas socialiste. On prend les mêmes et on recommence...
Pour sauver les postes de nombreux caciques socialistes et de quelques dirigeants du PCF qui ont bien mérité de la gauche plurielle, les directions de ces parties viennent de ficeler à la va-vite un accord sans aucun principe ni contenu politique. Au prétexte de faire barrage à la droite et à l’extrême droite, la direction du PCF a accepté de passer sous les fourches caudines du PS et de retirer de nombreux candidats pour sauver les sièges de Robert Hue, Marie Georges Buffet et quelques autres.
Se faisant, elle esquive l’autocritique qu’elle devrait faire sur les causes de sa propre déroute, et, tout en prétendant sauvegarder des positions acquises, poursuit la liquidation du parti en l’ntégrant encore plus au dispositif politique du PS.
Côté PS, on ne cache pas que cette gauche plurielle n’était pas assez aux ordres et qu’il va falloir maintenant passer à autre chose : la gauche unie. En fait de gauche unie, ce n’est qu’une gauche unique. Unique comme la pensée unique de ceux qui se sont convertis au social-libéralisme.
Toute cette opération se mène au nom du combat sacré contre le fascisme... Alors même qu’avec ses 18 % le Front national ne peut guère escompter que provoquer des triangulaires. Comme en 1997...
Loin de nous l’idée de sous-estimer le nécessaire combat contre le néo fascisme. Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, repartir pour un tour dans le consensus, ne peut que renforcer, lors des prochaines échéances électorales, l’influence de l’extrême droite dans les couches populaires les plus défavorisés. Déjà, selon des enquêtes, 30 % des chômeurs et 20 % des ouvriers qui se sont exprimés ont voté FN. C’est un constat dramatique qui montre que la classe ouvrière, en tant que classe consciente d’elle-même, n’a plus de représentation politique dans ce pays.
En passant des accords politiciens, poussée par son défaitisme paniquard, la direction actuelle du PCF renonce au vrai combat anti-fasciste.
Pour reconquérir le terrain perdu, il faudrait se battre sur des positions de classe, pour une vraie politique de gauche. Pour nous, l’enjeu de ces législatives, ce n’est pas de sauver des postes et des indemnités, c’est d’ouvrir une nouvelle perspective à gauche.
On ne nous fera pas le coût du chantage émotionnel visant à interdire la nécessaire clarification sur le bilan de la gauche plurielle et sur celui de la direction du parti.
Dans une douzaine de circonscriptions de France, d’Aubervilliers avec Jean-Jacques Karman à Marseille avec Charles Hoareau, pour la première fois vont se présenter des candidats communistes, en rupture avec les pratiques politiciennes de la gauche plurielle et porteurs d’un communisme combatif, populaire et moderne.

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