L'expert des relations

sociales et syndicales

« La France industrielle - 1890-1950 »

Un beau livre sur la France industrielle qui fait se rencontrer le photographe avec l'ouvrier, la machine, l'usine, la vie quotidienne.

Nous avions dit, dans une chronique précédente, tout le bien que nous ne pensions pas du livre« Paris ouvrier ».

Il est donc agréable aujourd’hui de dire tout le bien que nous pensons du bel ouvrage (textes, photos, présentation) de Denis Woronoff publié par les Editions du Chêne sur « La France industrielle - 1890-1950.

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La couverture du livre représente un marteau-pilon en 1908

Un peu à la manière des textes et photos publiés dans les années 1930 sous le titre « La France travaille », Denis Woronoff mêle avec intelligence quelque 450 photos de qualité et leurs textes de présentation, sur le travail (le monde de l’industrie, les lieux de travail, les énergies, les techniques, etc), sur les relations de travail (un regret cependant : seuls les conflits sont présentés, les progrès sociaux nés de la négociation et du réformisme sont oubliés), sur le hors-travail (habitat, vie quotidienne, loisirs).

La France industrielle de la première moitié du XXe siècle est tout à la fois celle de la première révolution industrielle (charbon, acier, textile) et celle de la deuxième révolution industrielle (électricité, chimie, automobile, aéronautique).

La vie au travail est racontée en photos noir et blanc, en contraste, à l’image d’une vie souvent dure, à la recherche d’identités collectives venant se substituer à celles de la France paysanne : fierté d’appartenance à des métiers, inscription dans l’action syndicale.

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A Sin le Noble (Nord), un mineur joue de l’accordéon (1931). Le "piano à bretelles" est très populaire dans le Nord.

La fermeture, en avril 2004 en Lorraine, du dernier puits de mine en France nous rappelle combien cette France industrielle s’éloigne de nous. L’essentiel de la population active travaille aujourd’hui dans le secteur tertiaire, dans les services, les activités de communication, de commerce, d’échanges.

D’ici quelque temps, un autre ouvrage pourra nous décrire, en texte et en images, la France de la « troisième révolution », et celle qui se développe depuis soixante ans.

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Chez Kieffer et Roger, rue Lafayette, en fabrique des bronzes d’éclairage (1898). Les métiers d’art résistent à l’industrialisation.

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