Force ouvrière compte-t-elle un peu plus de 600 000 adhérents, comme l’indiquent ses rapports au congrès ?
Les rapports financiers présentés aux congrès confédéraux de 1996, 2000 et 2004, fournissent trois séries de chiffres :
d’une part, le produit global des cotisations confédérales, malheureusement en un seul poste, produit de la vente des cartes et produite de la vente des timbres se trouvant confondus ;
d’autre part, le taux des cotisations confédérales, le prix de la carte annuelle et celui du demi-timbre mensuel, l’adhérent devant se procurer à la fois un demi-timbre fédéral et un demi-timbre départemental.
Rappelons que par cotisation confédérale on entend la part de la cotisation payée par l’adhérent que fédérations et unions départementales reversent à la trésorerie confédérale.
Il ne serait pas sans intérêt de connaître séparément le montant des recettes en demi-timbres fédéraux et celui des recettes en demi-timbres départementaux. Il n’est pas du tout certain qu’ils soient équivalents, l’expérience ayant prouvé par le passé que nombre d’adhérents attachaient plus de prix à l’action professionnelle des fédérations qu’à l’action interprofessionnelle des unions départementales.
A partir de ces trois séries de nombres, en divisant la somme des cotisations confédérales par le prix de la cotisation annuelle, carte et timbres confondus, on devrait avoir le nombre d’adhérents.
La difficulté est de savoir combien il faut compter en moyenne de timbres par carte. Il est exclu à priori de supposer que tous les adhérents paient chacun ses douze timbres. Mais les rapports confédéraux nous proposent une moyenne. On y lit que « la moyenne des timbres payés à la confédération oscille entre 9,58 et 10,50 sur une carte réglée entre 1998 et 2001. Un adhérent représente en moyenne une carte et dix timbres ».
Bien que ce chiffre de dix nous paraisse peu probable, c’est de lui que nous devons tenir compte pour calculer le nombre d’adhérents dont la direction confédérale se targue, sans d’ailleurs fournir elle-même un chiffre global.
Année
|
Carte
annuelle
|
Timbre
mensuel
UD + fédération
|
Carte
+10 timbres
|
Recettes
confédérales en cotisations
|
Nombre
d’adhérents à 10 timbres
|
1990
|
15,00
|
9,10
|
106
|
73
705 987
|
695
339
|
1991
|
15,50
|
9,60
|
111,50
|
77
121 933
|
691
676
|
1992
|
16,00
|
10,00
|
116
|
78
471 926
|
676
482
|
1993
|
16,50
|
10,40
|
120,50
|
80
668 771
|
669
450
|
1994
|
17,00
|
10,70
|
124,00
|
83
532 511
|
673
649
|
1995
|
27,00
[1]
|
10,70
|
134,00
|
85
620 823
|
638
961
|
1996
|
27,00
|
11,00
|
137
|
87
761 343
|
640
593
|
1997
|
28,00
|
11,30
|
141
|
89
955 376
|
637
981
|
1998
|
29,00
|
11,70
|
146
|
92
204 260
|
631
576
|
1999
[2]
|
4,42
|
1,78
|
22,22
|
14 906 869
|
670 849
|
2000
|
4,57
|
1,80
|
22,57
|
14 174 292
|
678 014
|
2001
|
4,61
|
1,82
|
22,63
|
14 344 484
|
633 870
|
2002
|
4,77
|
1,88
|
22,85
|
13 985 687
|
612
043
|
D’après ces données, la CGT-Force ouvrière compterait plus de 600 000 adhérents. Aucun des observateurs de la vie syndicale n’est prêt à accepter ce nombre sans autre preuve. Beaucoup le diviserait par deux et certains même par trois.
Le rapport 2004 nous dit que la confédération « a enregistré une progression nette des cartes commandées de près de 25 % sur la période de 1998 à 2001 ». Rien de cette progression n’apparaît dans les chiffres.
Il est vrai que le texte parle de cartes commandées , et chacun sait que toutes les cartes commandées à la trésorerie confédérale ne sont pas pour autant placées , c’est-à-dire vendues à des adhérents.
C’est là une façon de présenter les choses qui n’éclaire guère les esprits.