Retour au Sommaire
Accueil > Actualité - Etudes > Les effectifs de la CGT
2 décembre 2009 par Dominique Andolfatto

Les effectifs de la CGT

Loin des deux millions d’adhérents attendus au début des années 1980, loin aussi du million, objectif fixé au congrès de 2003, la CGT revendique officiellement 650 000 adhérents. « C’est un échec » commente Bernard Thibault, son secrétaire général (Le Monde, 10 novembre 2009). Entre effectifs revendiqués et chiffres réels, y a-t-il une distance ? Oui, répond Dominique Andolfatto, qui estime à 520 000 le nombre de syndiqués à la CGT.

La CGT demeure la première confédération syndicale française en termes d’effectifs. Mais quel est le bon chiffre de ses adhérents ?

Comme lors des congrès précédents, différents chiffrages des effectifs ont été affichés à la veille du 49e congrès, qui se déroule du 7 au 11 décembre 2009 :

- 654 000 adhérents (rapport d’activité pour le 49e congrès / « estimation » concernant l’exercice 2007 semble-t-il),
- 630 000 « FNI » [adhérent ayant payé leur premier timbre annuel] (comptabilité confédérale) ou 645 000 « FNI » en réintégrant les résultats de 2 fédérations qui n’ont pas réglé toutes leurs cotisations à la confédération [fédérations de l’Equipement et des Ports et Docks],
- 613 510 « FNI » selon le rapport financier publié dans la perspective du congrès,
- 604 199 « mandats » pris en compte lors de la répartition définitive des délégués des fédérations qui participeront au 49e congrès.

Si l’on se reporte aux deux congrès antérieurs, on note que les effectifs affichés ont finalement été revus à la baisse par la suite par la CGT.

Lors du congrès de 2006, les effectifs annoncés excédaient de 8 à 12% la réalité de ceux-ci, telle qu’elle est finalement admise en novembre 2009.

Compte tenu de cette incertitude admise rétrospectivement mais aussi de la faible variation des effectifs d’une année sur l’autre, on ne peut que rester prudent sur leur évolution. On ne peut pas parler de « progression » de ces effectifs, au contraire des affirmations des Echos, dans un article du 10 novembre 2001, le quotidien estimant finalement que « la centrale a su quelque peu profiter des mobilisations ».

Il paraît difficile de tracer une évolution précise et indiscutable des effectifs de la CGT, compte tenu des révisions des chiffres qui interviennent d’un congrès à l’autre (voir le graphique n° 1, ci dessous). La tendance des données internes à la confédération paraît plutôt à la baisse.

Sur les effectifs déclarés de la CGT à la veille de son 49e congrès, on compte quelque 82% de syndiqués actifs (et 18% de retraités). La part de ces derniers tend à reculer depuis plusieurs années. Officiellement, la CGT revendique 517 807 syndiqués « actifs » pour 2008 (voir graphique 2 pour l’évolution du rapport actifs/retraités dans les effectifs officiels de la CGT). L’un des enjeux du futur pour la CGT - comme pour les autres confédérations - est le remplacement de ces effectifs. Quelque 40% devraient partir en retraite d’ici 2015.

- CoGéTise, un outil de fidélisation -

La CGT a réussi à fidéliser les adhérents qu’elle conserve ou parvient à recruter, appliquant une méthode inaugurée par la CFDT. La mise en place du système « CoGéTise » (comptabilité centralisée des effectifs) - depuis le dernier congrès (2006) - a manifestement constitué un atout pour cette fidélisation, faisant de la gestion des effectifs une priorité politique et assurant donc la relative stabilité de ceux-ci.

Derrière les chiffres affichés, les adhérents sont-ils réels ? La question se pose.

On observe en particulier un écart entre le nombre de timbres FNI (639 000 selon l’exercice clos de 2007) et le nombre moyen de syndiqués tel qu’il ressort de la comptabilité des « timbres mensuels » (timbres autres que le FNI) qui serait de 579 000 (toujours en 2007), soit un écart d’environ 10%.

Dans une étude croisant les effectifs connus des différentes organisations syndicales et les audiences syndicales aux élections professionnelles pour la période 2001-2002, nous avions conclu que la CGT comptait 540 000 adhérents. Elle en revendiquait alors 669 000 à 685 000 (voir D. Andolfatto, D. Labbé, Les syndiqués en France, Ed. Liaisons, 2007).

Les adhérents fantôme auraient donc représenté quelque 20% des effectifs de la CGT à cette époque.

La confédération affirme aujourd’hui être beaucoup plus rigoureuse dans la comptabilité de ses effectifs, notamment après la mise en place du système « CoGéTise ».

Cela reste toutefois difficile à apprécier depuis l’extérieur de la CGT. Si l’écart entre les effectifs comptables qui sont affichés et les effectifs réels étaient comparables à celui estimé pour 2001-2002, la CGT compterait aujourd’hui quelque 520 000 adhérents (actifs et retraités).

La CGT demeure la première organisation syndicale française en termes d’effectifs, la CFDT se classant en seconde position avec moins de 500 000 adhérents selon le même mode de calcul.

Tableau 1 : Les effectifs variables de la CGT (selon les propres déclarations de la CGT). En milliers d’adhérents.

(JPEG)

(*) Les effectifs annoncés lors des congrès correspondent habituellement aux effectifs de l’exercice clos 2 ans auparavant (exercice donc partiellement gonflé pour la circonstance).
(**) Les corrections ont été apportées par la CGT (document de trésorerie de novembre 2009).
(***) Après ce congrès, la CGT avait même été jusqu’à revendiquer 715 000 adhérents.

Graphique 1 : Les évolutions contradictoires des effectifs de la CGT (selon les propres déclarations de la CGT ; échelle en milliers d’adhérents)

(JPEG)

Graphique 2 : Actifs et retraités dans les effectifs officiels de la CGT (en milliers d’adhérents)

(JPEG)

- Évolution historique des effectifs -

L’évolution des effectifs globaux de la CGT depuis la Libération peut être établie. Le graphique ci-dessous reprend les effectifs officiels déclarés par la CGT (en rouge) et une série d’effectifs plus réels - les « adhérents 9 timbres » - issue de nos travaux (D. Andolfatto, D. Labbé, La CGT. Audience et organisation, Paris, La découverte, 1997) puis les adhérents estimés sur la base de la méthode exposée dans le livre Les syndiqués en France (op. cit.) Depuis les années 1990, les effectifs de la CGT apparaissent stagnants. A tout le moins, les évolutions sont marginales, replacées dans une perspective historique remontant à 1945.

Graphique 3 : Évolution des effectifs de la CGT depuis 1945 (en milliers d’adhérents)

(JPEG)

Prochain article : « Les adhérents CGT par fédération ».



La reproduction de cet article est possible, sans frais, en mentionnant la source et l’adresse internet de notre site. L’autorisation écrite préalable de la rédaction est nécessaire (info@istravail.com)


 AUTRES ARTICLES
Imprimer
Envoyer à un ami
Plan du site

-15 octobre 2014
Ils sont venus à l’IST
De janvier à octobre 2014
Aux Journées d’actualité de l’IST
M. Alain Druelles, directeur adjoint éducation-formation du MEDEF, Eric Dumartin, DRH d’Affinion et président du Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), le 10 avril 2014 à la séance d’actualité « Formation professionnelle (...)


Mis à jour le 18 décembre 2009 | Tous droits réservés - Institut Supérieur du Travail © 2014
| retour en haut |
< accueil | contact | webmestre | plan du site | rechercher | mentions légales | administration >